Rédacteur en chef dumagazine « PerformArts »Christian Depardieu est avant tout un galeriste d’art contemporain reconnu. En 1986 il est un des cofondateurs du Salon « Art Jonction », la foire d’art contemporain de Nice, qui restera un grand succès jusqu’à sa fin en 2001. En parallèle il anime pendant vingt ans la galerie d’art Christian Depardieu avant de voir son loyer doubler et d’être poussé dehors. Depuis il cherche à établir une nouvelle galerie mais il n’est pas si facile à Nice de trouver les fonds pour un tel projet. Christian Depardieu a lancé une campagne de souscription publique afin de trouver les fonds nécessaires pour monter sa galerie.
Christian Depardieu, expliquez-nous le projet de votre nouvelle galerie.
« C’est un centre culturel qui ne sera pas limité aux arts plastiques. Il recevra des soirées musicales, de théâtre, des conférences, des lectures ou encore des soirées débats mais toujours sous un angle contemporain. Le sous-sol sera réservé aux spectacles et arts vivants, cette partie sera gérée par l’association culturelle ARTEP (Art Evénement Publication) qui participe au magazine et à la construction de ce projet. Au rez-de-chaussée se tiendra la galerie avec les expositions de deux artistes. Un artiste connu, ou au moins confirmé dans le milieu de l’art, puis un espace « initial » qui permettra à de jeunes talents de montrer leur travail. Le local contiendra également la rédaction de « PerformArts », le tout dans le secteur de la Place Masséna, un emplacement idéal.
Quels sont vos problèmes pour financer ce projet ?
Il y a un investissement personnel de ma part mais pour conforter le projet j’ai besoin d’obtenir un prêt. Et c’est difficile, les exigences ont augmenté. Les banques demandent plus de garanties qu’avant, sans compter qu’un positionnement contemporain reste peu commercial. Pour soutenir le projet j’ai lancé une souscription publique qui réunit déjà 39 souscripteurs, de 75 à 5000 euros. Il faut animer, installer le lieu et tout ça coute beaucoup d’argent, près de 350.000 euros. Le concours des souscripteurs est très important pour crédibiliser le projet vis-à-vis même des banquiers. Il faut donc les rassurer en soumettant un apport le plus élevé possible.
« Nice n’est plus à l’avant-garde de l’art contemporain »
La mairie de Nice vous a-t-elle apportée son aide ?
Non. Entre la mairie et moi il y a un vieux contentieux. La ville de Nice boycotte le magazine, crée en 2005, que je publiais déjà depuis 15 ans sous le nom d’« Art jonction ». Ce journal était lié au Salon « Art Jonction », que j’ai organisé pendant 17 ans et qui s’est terminée en 2001 grâce à l’action de Monsieur Jacques Peyrat (ndlr ancien maire de Nice). Il faut reconnaitre que l’on avait du mal à parler d’art contemporain avec lui (rires) !
La ville de Nice ne serait plus assez impliquée dans le domaine des arts contemporains ?
Il y a 20 ans Nice était à l’avant-garde de l’art contemporain. On voyait défiler des galeristes venus du monde entier, mais on a perdu tout ça. Beaucoup de foires sont organisées dans les plus grandes villes françaises et même ailleurs, mais pas ici. Merci Peyrat c’est tout ce qu’on peut dire. Je lui en veux, au-delà de mon cas personnel, d’avoir fait disparaitre un évènement d’intérêt général qui avait réussi à faire venir les plus grandes galeries internationales. C’est stupide, on ne lui demandait pas de s’intéresser à l’art contemporain mais aux 3500 nuitées et aux repas que la manifestation apportait dans les hôtels et restaurants.
« La mairie ne s’intéresse pas à notre action »
Mais si ces problèmes étaient liés à Jacques Peyrat, n’avez-vous pas tenté de nouvelles démarches avec Christian Estrosi ?
On espérait beaucoup, car il y a une volonté d’agir dans le domaine culturel qui est visible, je le reconnais. Mais visiblement le maire n’a pas entendu mon message et ne s’intéresse absolument pas à notre action ! Il y a toujours ce problème privé/public. Il y a deux façons de voir une galerie d’art contemporain. Soit vous considérez que c’est un commerce comme les autres et à ce moment il n’y a aucune raison de le soutenir. Soit que c’est un acteur culturel qui défend les forces vives créatives d’une ville et qui permet aux artistes de rester. Et c’est ce que je pense. J’ai tout essayé: l’adjoint à la culture, le directeur de la centrale des affaires culturelles et même le maire lui-même, mais aucune réponse. J’ai bien des mots de soutien, on dit qu’on va s’occuper de moi, mais il ne se passe rien.
Il ne vous reste donc que vos souscripteurs ?
C’est du solide au moins ! Je suis ému car il y a des souscripteurs artistes qui font un petit versement et ça me touche parce que je sais que pour eux c’est plus difficile. Cela veut dire qu’ils y croient. C’est ça qui est important et je pense que c’est comme ça que l’on arrivera à motiver les banquiers pour nous suivre ! »












24 mars 2012 at 21 h 16 min
Où en es tu dans tes souscriptions. C’est avec un grand intérêt que je suis tes projets pour ta nouvelle galerie. La mairie a t elle revu sa position. Dans l’attente de tes nouvelles. Nouria.