Kronique de K, deux soirs au festival Nuits du Sud de Vence

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Publié le 02 août 2014 | Aucun Commentaire

Kronique de K, deux soirs au festival Nuits du Sud de Vence
Travel, travail ?

Aux alentours de Nice, se déroule actuellement, et ce depuis le 7 Juillet, le festival de Monsieur Téo Saavedra, les Nuits du Sud! Après quelques kilomètres parcourus grâce à la ligne 94, mes premiers pas dans Vence sont accueillis par Franck et son jeune trompettiste. Il me parle de Bootsy Collins, de ses 33 tours, et des groupes émergents du Funk, me montre de magnifiques clichés, jazz noir et blanc ou couleurs Réunion. Un sacré photographe ce Franck, en plus d’être un homme de radio nourri à la soul et au soleil…
Juste arrivée dans Vence, je me sens en vacances malgré le fait que j’y sois pour travailler; repérer les lieux, voir, regarder, remarquer ce qui va me parler, le noter…  bien entendu, photographier les stars de ce soir fait aussi partie du job. D’ailleurs, en parlant de cela, il n’est pas toujours aisé d’arriver dans un groupe quel qu’il soit ! Et avant de te parler de cela, à toi cher ami lecteur, une toute petite leçon de vocabulaire du photographe dans le monde du spectacle: premièrement le crash qui désigne une sorte de couloir intercostal entre la scène et le public. C’est de ce même lieu que tu vois passer des jeunes filles évanouies balancées de bras en bras quand la foule se fait trop pesante, pressante sur la barrière lors d’un concert. Deuxièmement, tu as la fosse; si tu prends des photos depuis le public, là, tu y es. Crash? Fosse?… heu, ça fait un peu peur ce vocabulaire pour désigner l’endroit d’où on travaille, non?  … Ah mais voilà, mais c’est cela, mais bien sûr! J’ai compris!!!

Je sens, parfois, quelques regards agacés par ma position, sans doute pas saisie par sa nouveauté… Quelques réflexions, voire un peu trop sur ma façon de travailler, un coup de coude dans le crash, bousculade, non ? Et bien si…! Il paraît que c’est une sorte de coutume ou baptême et que chaque nouveau photographe dans le crash, y a droit… et Jean-Luc, Sandrine, Franck ou Claudio m’expliquent leurs premiers « rounds ». Pas important, les « agressants » finiront par se lasser, je suis là pour travailler et c’est bien ce que j’ai l’intention de faire.

Comme c’est bon

Quelques pas dans les rues provinciales de Vence, jeudi 31 Juillet arrive en son soir et c’est, installée à une table avec un bon bouquin que j’interpelle Férial, toute de rousse bouclée. Nous nous saluons, échangeons quelques mots et nous donnons rendez-vous dans le crash. Si tu ne connais pas le travail de Férial, tu dois absolument aller voir cela en cherchant sur internet ou en allant de temps en temps à la Galerie Motus sur  Nice, elle y expose ses œuvres. Elle a le don de transformer les visages en livres ouverts, les paysages en décor de cinéma et ses photos en deviennent des histoires cuivrées, ambrées à lire et contempler.
De retour vers la scène principale, sur la Place du Grand Jardin, à peine, ai-je le temps de le saluer que le directeur, tel un hôte attentionné va prévenir Mademoiselle Mariama, de me donner mon accréditation pour ce soir… Tant mieux, je n’aurai pas à aller la chercher! J’avoue que je n’ai pas trop le sens de l’orientation et je ne sais déjà plus dans quelle rue je dois passer… et quand tu connais Vence, à mes mots, tu peux rire!
Beaucoup en se rencontrant, font de grandes exclamations, ravis, souriants, comme si ils venaient de retrouver des copains , pas vus depuis des lustres. Ce festival a sans doute le don de réunir les habitants des villes qui l’entourent, voire des pays. Des familles sont là, les enfants jouent, un couple d’un certain âge s’embrasse… des jeun’s, comme on dit, boivent certainement leur première bière en cachette on entend parler italien, anglais, hollandais… Oh que c’est beau et bon à prendre tout cela dans les prunelles!

Scène

Sa démarche repérée, je lui fais signe pour qu’ils me rejoignent, lui Claudio Citarella (dois-je te le présenter? Bassiste, photographe, producteur) et elle, Dana, en gipsy-girl-rose-tendre-belle à souhait, arrivent et nous attendons ensemble, assis confortablement à une terrasse que le concert commence… Je rectifie: nous attendions que l’on nous serve!! Du monde, du monde, en veux-tu? En voilà! Les serveurs sont débordés et cela hume bon, pour une soirée ambiance assurée! Du coup, mon verre gobé en express, je me hâte pour aller retrouver ma copine Sandrine de Sound Radio, être à l’heure dans le crash pour ne pas en louper une miette et cela me vaut un petit sarcasme  « Citarellien », dont j’ai l’habitude soit dit en passant, qui lui a ce timing serein d’un habitué de la scène.
Je cherche le visage de Vincent dans ses yeux, sa bouche, la forme de ses joues, puis celui de Jean-Pierre et je ne vois rien… Sans doute, ne suis-je pas assez fan de son grand frère ou de son papa pour repérer tout cela. Puis, il faut dire qu’elle bouge dans tous les sens, nous présentant plus souvent son dos ! Et ma foi, cela n’a pas du beaucoup déranger certains membres du public, sensibles aux belles formes car il est bien joli et rebondi… son dos. Kim Wilde, Blondie, Marylin de profil, un mannequin, un ange, une enfant, une chrysalide? Voilà ce que je vois.

Le talent et le dynamisme de cette chanteuse conquit l’assemblée, les gens dansent et participent au concert avec une gaieté remarquée. Certains sont même debout sur le bassin rectangulaire de la place, les jeunes et moins jeunes d’ailleurs, sont conquis par ce bout de femme énergique… Cécile Cassel dit HollySiz donne le premier concert de la soirée et c’est un succès! On entend même dire qu’elle est surprenante. Un bouquet offert par le directeur à notre chère chanteuse signale son départ dans les loges, elle dit avec humour : « Je me sens comme Miss France, merci pour vos votes! »  Charmante Cécile, qui, quelques minutes plus tard sera entourée par la foule afin de lui signer des autographes.

Bonjour Laura, Sylvana, Coucou Scott Allen et le temps est venu de dire bonsoir au si attendu Booooooottsy!!! Débarquent alors, une ribambelle d’hommes habillés… en bleu de travail? Combinaisons spatiales d’un nouveau monde… ou bien, des garagistes? Ma copine va être contente, elle qui… Meuh non… Une panoplie de musiciens stylés que j’aimerais, prêts à faire un show de Chippendales… mais en même temps, l’idée me traverse que nous sommes dans garageband version humaine… Lumière, flash, applaudissements, attention le voilà, 62 ans et il éclate de sa présence comme un ado de 15 ans, Bootsy Collins! Faisant un défilé aux mille couleurs, ce bassiste est un arc en ciel ambulant emportant avec lui les rayons du soleil et des étoiles. Une, au bout du manche de sa basse, une sur le chapeau, une en pendentif, il en a certainement une tatouée quelque part… Les Nuits du Sud t’offre une star internationale, les basses claquent de partout, ça sonne, on en prend plein les yeux et les oreilles! Oh comme j’aimerais te trouver des onomatopées pour exprimer ce que je ressens au claquement de toutes ces basses, c’est du Funk baby, move your a… … your body, sorry!

La musique, ce lien…

Vendredi soir est là, j’ai de la chance car mon pass est porté à domicile, si j’ose m’exprimer ainsi et c’est agréable encore une fois d’être accueillie par le sourire de Marima et Téo pendant que Herencia de Timbiqui fait la balance. Ce nom ressemble à une héroïne d’un livre de Tintin: il serait parti à sa recherche car elle aurait été faite prisonnière par un seigneur, dans une bâtisse royale perchée dans les arbres, elle-même située en haut d’une falaise du bord de mer.  Le seigneur en voulait à sa force car elle aurait le pouvoir de communier  le cœur des hommes d’un continent à l’autre et lui, souhaitait régner en maître… Tintin la libérera afin que son pouvoir puisse s’exercer.  Et bien, c’est exactement, cela, le rythme de ce groupe est un message et pour ceux qui veulent bien l’écouter, une communion rythmée de  musiciens qui te fait voyager et t’unie à un pays inconnu. Je garde le souvenir du son de la trompette bouchée, des percussions rebondissant sur la basse cadençant les voix… Je vois le public dans le reflet des lunettes de Begner Vásquez, il est aux anges, dans le souffle des îles et des pays lointains, je me retourne afin de mieux apprécier leurs joies. Herencia de Timbiqui est libre.

L’heure est venue de « tchiner » et de se régaler d’un petit morceau. Rencontre avec Serge Donadio, venu pour America et ce festival qu’il adore depuis 1997, que je présente illico à Claudio… Et entre musiciens, entre deux concerts, cela papote guitares, basses, électriques, acoustiques, 6 cordes, 8, 12?  Pour moi, cela sera un demi s’il vous plaît!  Et en passant d’ailleurs, sache que, écolo, le festival te sert à boire dans un verre à l’effigie des Nuits du Sud; tu le rends, on te donne un euro… je le garde pour ma grande, leur mascotte imprimée dessus en rouge, j’adore ! Je croise Patrick Mégale qui sera l’acteur performant dans Projection privée avec Marie-Caroline Regottaz pour l’association Lucoline Music, dont j’ai l’honneur d’être présidente. Je fais connaissance avec Simon Pégurier « L’oreille qui gratte » et j’ai envie de dire, enfin !!  5 ans au moins que nous sommes amis Facebookiens, il était grand temps de passer dans la real life comme dirait Cat Caroff!

America, America!!! Est-ce que tu as vu ce film, tiré d’un livre d’Alessandro Baricco, Novecento ou Le pianiste sur l’océan? Au début, il y a une scène, sur un bateau, dans laquelle l’inscription de l’Amérique se fait dans les yeux d’un personnage car il est le premier à la voir. Et bien, là si tu regardes bien dans les yeux du public, ils ont America, gravé au sein de leurs pupilles et ne vont pas détacher leur regard de la soirée. Accompagnés  d’un guitariste, qui joue pour la première fois en France, jeune, arrogant et talentueux, d’un bassiste qui assure avec une sage maturité et d’un batteur qui a l’air tout droit sorti premier d’une grande école, ils assurent et sourient, Dewey Bunnel et Gerry Beckley. Les chœurs sur scène et ceux sur la place, te rendent heureux, America est là et bien là. Une légende foule le sol de Vence qui le lui rend bien. Horse with no name en final, repris par Téo, le directeur, tout souriant, annonçant  Gaby Moreno,  Iam et Kassav, entre autres pour les prochains concerts. Alors si tu veux toi aussi du bonheur, va le chercher à Vence, aux Nuits du Sud, il te reste 3 dates, le 7, 8 et 9 Août prochain et je suis certaine que tu vas le trouver.

Photos copyright © 2014 Karine Tomaselli

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